Saint-Malo bataille contre la prolifération des locations touristiques de courte durée

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La ville a instauré, depuis le 1er juillet, l’une des réglementations les plus restrictives de France afin de limiter la multiplication des locations touristiques. Les premiers effets se font sentir.

Pour garder ses habitants et ses commerces, la ville de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) tente, comme beaucoup d’autres villes de France, de contenir la prolifération des locations touristiques de courte durée. Notamment dans son centre, derrière les remparts. Elle a, pour cela, instauré l’une des réglementations les plus restrictives de France, en vigueur depuis le 1er juillet.

« Saint-Malo est, en effet, devenue malgré elle, en 2019, la championne française de la location de courte durée avec, d’après les relevés opérés sur les trois principales plates-formes – Airbnb, Expedia et Booking –, 639 nuitées réservées pour 100 habitants, loin devant Bordeaux (239) ou Aix-en-Provence (199) », explique Jean-Virgile Crance, premier adjoint au maire.

Le nombre d’annonces sur le seul site Airbnb avait ainsi doublé entre avril 2016 et fin 2018, « avec des super-hébergeurs qui concentrent les deux tiers des nuitées réservées », relève M. Crance. Près d’un tiers des logements intra-muros (27 %) ont fait l’objet d’une telle annonce. « A ce niveau, l’équilibre est rompu entre habitants et touristes, car il n’y a plus rien à acheter ou louer sinon à des prix hors de portée des Malouins, poursuit M. Crance. Or, nous ne voulons pas devenir la Venise bretonne, désertée par ceux qui la font vivre. »

Des prix de l’immobilier en hausse

Les notaires attestent, de leur côté, que l’activité de location touristique intense fait, ici comme ailleurs, monter les prix de l’immobilier : selon leurs statistiques, le prix du mètre carré sur la commune de Saint-Malo a augmenté de 14,5 % rien qu’en 2020 – et de 39 % depuis cinq ans –, en partie sur la promesse d’une rentabilité doublée lorsqu’on loue en courte durée.

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La précédente municipalité avait déjà, en 2019, imposé aux loueurs de s’enregistrer et d’obtenir un numéro permettant de vérifier que ceux qui proposent leur résidence principale ne dépassent pas cent vingt jours de location par an et que les propriétaires de résidences secondaires et investisseurs ont bien obtenu le changement d’usage en « activité commerciale ».

Cette obligation de changement d’usage est, en principe, réservée aux villes de plus de 200 000 habitants. Mais Saint-Malo, qui en compte 46 000, a, au vu de la tension de son marché immobilier, obtenu une dérogation du préfet. Tous les propriétaires n’ont cependant pas suivi : seuls 2 000 logements ont été enregistrés, loin des 3 000 annonces recensées sur les plates-formes.

La nouvelle municipalité a donc durci ce dispositif en limitant l’autorisation de changement d’usage à un logement par personne physique, en excluant toute détention par le biais d’une société, y compris une société civile immobilière, et pour trois ans seulement (contre, par exemple, cinq logements et six ans, à Marseille ; deux logements et neuf ans, à Strasbourg ; deux logements pour deux ans, à Toulouse ; un logement pour six ans, à Nice ; Bordeaux et Paris ayant, elles, choisi de soumettre le changement d’usage à une compensation en mètres carrés d’habitation).

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