Gamification : le tourisme se prend au jeu !

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Là où le numérique « fait écran » aux émotions ressenties lors d’une visite, l’exploration par des jeux sensoriels permet une immersion totale et une expérience ludique qui favorise l’apprentissage. C’est une solution parfaitement adaptée à la découverte d’un territoire, d’un musée… Mais ce n’est pas le seul. Le jeu de plateau, de type jeu de l’oie, par exemple, permet lui aussi de vivre une visite riche, en courant d’une case à l’autre par l’entremise du hasard.  

Retour d’expérience

Le jeu est l’espace d’exploration de l’enfance. C’est à travers le jeu que l’enfant explore son environnement, dans le jeu qu’il développe son estime de lui-même, qu’il se protège ou s’aventure, qu’il découvre quel adulte il deviendra. Le jeu est le cœur de la vie de l’enfant, c’est dans le jeu qu’il construit ses compétences et développe son imaginaire. Pour l’enfant, le jeu c’est sérieux, c’est même essentiel. Une fois devenu adulte, l’homme n’abandonne pas le jeu. Le jeu est pour lui un moyen de sortir de son quotidien, de s’immerger dans un décor, de vivre dans une bulle hors du temps. D’aucuns affirment que le jeu permet d’être plus créatif, plus heureux et plus performant, voire qu’il empêche de vieillir !

Engager son corps pour se souvenir

Dans nos sociétés consuméristes où la consommation perd de son attrait, la gamification est devenue tendance. De nombreux acteurs du tourisme utilisent ses ressorts pour dévoiler autrement les richesses de leur territoire ou de leur patrimoine. Dans la construction de leurs offres, ils introduisent du “ludique“, un truc drôle, insolite ou décalé. Une pédagogie active, joyeuse et sensorielle qui permet la découverte dans le partage et le plaisir. Les parcs à thèmes, depuis 30 ans, ont démontré que l’on pouvait apprendre et s’amuser en engageant son corps en général. Les mains, en particulier. Un principe fondamental de l’éducation selon Trevor Eissler, auteur de « Montessori, c’est fou » aux Retz Editions. « Nous devons permettre aux enfants d’explorer, de se connecter, de construire, et avec les mains de se sentir partie prenante du monde. L’outil éducatif le plus important n’est pas technologique. Ce ne sont ni les tableaux interactifs, ni les ipads ou même les crayons, ce sont les mains ! » Ce qui a fait, depuis les années 80, le succès de scénographes ayant développé les pédagogies du Hands-on ou du Do-it-yourself (fais le toi-même). En France, dès 1986, l’Inventorium fut l’embryon de la Cité des enfants qui sera créée en 1992 au cœur de la Cité des Sciences et de l’industrie à Paris. On y est actif, dans une interaction joyeuse et l’on y vit une succession d’expériences durant laquelle on obtient une réponse immédiate à son action.

L’exploration est stimulante et marquante. Et c’est là tout l’enjeu. Car le défi lancé à tout concepteur de jeu est de réussir à maintenir un niveau de plaisir suffisant pour que le joueur ne décroche pas du jeu. Si le plaisir s’éteint, c’est la fin du jeu ! Jean Piaget, psychosociologue et biologiste suisse (1896-1980) a décrit les différents moteurs ludiques selon l’âge du joueur : de sa naissance à l’âge de quatre ans, l’enfant découvre les plaisirs et les compétences des jeux moteurs, des jeux symboliques, des jeux d’imitation ; vers sept ans, il aime les jeux de rôles et comprend les règles à respecter pour jouer à plusieurs ; à partir de dix ans, il trouve du plaisir dans les réflexions stratégiques et la compétition. Avant huit ans, il faut raconter une histoire à l’enfant pour le motiver. À partir de neuf ans, lui lancer un défi le stimulera. Inversement, l’escape game, qui utilise principalement le ressort de la compétition, est inadapté à l’enfant de moins de dix ans.

La demande de jeu, qui touche tous les secteurs de la société, est une chance pour le secteur du tourisme. La France des patrimoines doit bannir ses carnets Quizz, version papier ou numérique, dont elle est la championne ! Seuls 5% des familles aiment ça ! Le public veut de l’immersion par les sens, avec le jeu comme moteur.

Bruno TAMAILLON, directeur de Tam’s consultant

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