Dans le monde, l’arrêt du voyage provoque un tsunami social

Dans le monde, l’arrêt du voyage provoque un tsunami social

Devant une agence de voyage fermée, à Bangkok (Thaïlande), le 8 avril 2021. MLADEN ANTONOV / AFP Lorsque quelques Occidentaux vaccinés redécouvriront, cet été, les plages de Thaïlande, les ruines du Machu Picchu, au Pérou, ou les safaris du Kenya, le plus frappant sera ce qu’ils ne verront pas : la masse de petites mains du tourisme globalisé, évaporée dans l’arrêt du voyage.
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Les femmes de ménage, les bagagistes, les artisans. Les photographes de rue, les tisserandes, les gardiens de parking. Les chauffeurs, les loueurs de matelas, les masseuses. Les guides, les vendeurs de tee-shirts, les professeurs de plongée. L’écosystème construit pour le tourisme de masse, parfois pour le pire, s’est dispersé dans d’autres secteurs, provoquant un exode rural. Sa reconstruction sera nécessairement lente.

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Nul besoin d’aller au bout du monde pour constater l’impact social de la fermeture des frontières – à Lourdes, la soupe populaire déborde. Mais il est plus dévastateur dans les pays en développement, où le filet social et la clientèle domestique sont inexistants. A l’aube d’un second été sans grande activité, les économies des foyers sont épuisées. La chute de 74 % du nombre de visiteurs internationaux, en 2020, a provoqué la suppression de 62 millions d’emplois, estime le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC). Il faut y ajouter ceux soutenus de manière artificielle par les gouvernements et dont la survie sera incertaine une fois le robinet coupé.

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) estime que l’on ne voit actuellement que la face émergée de l’iceberg qui vient de heurter le secteur, et que le nombre d’emplois détruits par la crise dépassera les 100 millions. Les petites et moyennes entreprises concernent quatre travailleurs sur cinq dans le tourisme ; or, une récente enquête de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) calcule que plus de la moitié d’entre elles disparaîtront d’ici à la fin de l’année.

Locomotive économique

En Europe, en Asie-Pacifique et en Amérique, l’activité touristique représentait près de 10 % du travail avant la crise. Cette part allait croissant dans le monde, puisqu’un poste sur quatre créé entre 2014 et 2019 l’était dans ce secteur. L’accessibilité des voyages long-courriers a accompagné ce boom de l’emploi touristique, en développant des services qui n’existaient pas pour la clientèle domestique : le WTTC estime qu’un emploi est créé pour 11 visiteurs internationaux en Afrique, 13 en Asie-Pacifique. L’Organisation des Nations unies (ONU) redoute donc particulièrement l’impact sur certains pays d’Afrique et sur les « petits Etats insulaires en développement » (PEID).

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