« Avec Urbanloop, nous voulons concurrencer la voiture en ville »

« Avec Urbanloop, nous voulons concurrencer la voiture en ville »

Urbanloop est l’un des lauréats de l’appel à innovations mobilités « Jeux olympiques et paralympiques 2024 » initié par le gouvernement. A mi-chemin entre le métro et le tramway, ce nouveau moyen de transport entend concurrencer la voiture en ville et faciliter les déplacements dans les stations de ski ou les parcs d’attraction. Rencontre avec Jean-Philippe Mangeot, Directeur du projet Urbanloop.
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Qu’est-ce que l’Urbanloop ?

L’Urbanloop est un nouveau moyen de transport qui circule à la même vitesse qu’un métro automatique et parcoure 1 km par minute. Pour l’emprunter, il suffit de se rendre à une station et de badger. Une capsule équipée de deux places arrivera rapidement, protégée par un tube protégeant la voie. Chaque capsule est réservée à un groupe de personnes, que vous soyez seul(e) ou accompagné(e). Si vous êtes plus de deux personnes, alors plusieurs capsules arriveront à la suite et se suivront de près pendant le trajet. L’Urbanloop ne fait pas d’arrêt, il s’arrêtera à la destination que vous avez renseignée. Il ne rentre pas en concurrence avec les autres moyens de transports en commun existants, il vient plutôt les compléter. Il n’a pas vocation à être implémenté dans les centres-villes déjà saturés, mais à transporter les usagers de la périphérie jusqu’au centre comme le ferait la voiture. Les transports en commun prennent ensuite le relai. L’Urbanloop peut aussi être intéressant pour transporter des personnes au sein d’un campus, d’une zone industrielle, une station de ski, d’un aéroport ou d’un parc d’attractions. L’infrastructure se monte et se démonte facilement ce qui permet de réduire l’empreinte écologique.

Le système utilise l’intelligence artificielle, à quoi sert-elle ?

L’intelligence artificielle va permettre de prédire l’affluence des usagers dans les stations et préparer des capsules en conséquence. Il sera possible de connaître les heures de pointe et estimer le flux correspondant. Le système sera également nourri de données météo et issues d’autres transports en commun. Grâce à la géolocalisation des usagers, il sera même possible d’anticiper leur arrivée en station.

Comment est né l’Urbanloop ?

Avant de concevoir l’Urbanloop, nous cherchions un moyen de concurrencer la voiture en ville et pour ça, nous sommes partis de zéro. Tout est parti d’un challenge que nous avons lancé à nos étudiants de l’université de Lorraine et des différentes écoles d’ingénieurs de Lorraine INP. Le projet était de mettre au point un moyen de transport écologique ; que ce soit en consommation, en matériaux et en énergie grise ; économique, c’est-à-dire simple à déployer pour les collectivités ; accessibles à tous ; sécurisé ; et réalisable avec les grilles technologiques existantes. La première idée a été de faire des petites unités, des capsules, qui passent souvent en station. Mais qui dit petites unités, dit davantage de véhicules. Il fallait donc que les navettes coûtent moins cher ou à un prix équivalent aux transports en commun. Cela a été possible grâce à l’utilisation du moteur synchrone à aimant, utilisé notamment par les hoverboards et les trottinettes. La taille et le coût des infrastructures sont réduits avec l’Urbanloop. Même s’il faut construire un pont, cela coûtera moins cher car le poids des capsules est moindre. C’est aussi un avantage pour effectuer des courbures dans le parcours. Les voies sont plus chères à installer, mais le moyen de transport est moins gourmand en énergie. Les étudiants ont impulsé l’idée et une SAS a été créé ensuite pour mettre en œuvre le système final. Nous collaborons avec des industriels des transports et de la sûreté aujourd’hui.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que vous pourrez mettre en œuvre votre moyen de transport lors des JO de 2024 ?

Nous sommes très fiers, c’est un projet fou qui se concrétise. Les JO s’inscrivent parfaitement dans notre planning de développement. Mais c’est aussi un grand défi car tout reste à construire. Heureusement, nous avons tout l’appui des services de l’Etat pour nous aider à obtenir le degré de sécurité nécessaire. Les Jeux Olympiques seront pour nous un terrain d’expérimentation et de démonstration. Nous sommes également en discussion avec la Métropole du Grand Nancy. D’ici 2024, notre système devra être validé, nous devrons obtenir l’autorisation de faire des travaux puis de transporter des passagers. Le but sera de réaliser les travaux d’installation le plus tard possible afin d’avoir un plus faible impact sur l’environnement et la vie des habitants.

Source : « Avec Urbanloop, nous voulons concurrencer la voiture en ville »

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